
La BSPHO, qui représente l’ensemble des oncologues pédiatriques de Belgique, rassemble les professionnels de santé directement impliqués dans le diagnostic, le traitement, la recherche clinique et la prise en charge multidisciplinaire des enfants et adolescents atteints de cancer. Forte de cette expertise collective, la BSPHO réaffirme sa conviction qu’une centralisation accrue des soins est essentielle afin de garantir durablement des traitements de haute qualité, l’excellence scientifique et la pertinence internationale de l’oncologie pédiatrique dans notre pays.
En oncologie pédiatrique, où plus de 90 % des patients sont inclus dans des essais cliniques ou des registres, la recherche n’est pas optionnelle, elle constitue la norme de soins. Le maintien et le développement de ce modèle nécessitent un système suffisamment centralisé, capable de concentrer l’expertise, les volumes de patients et les activités de recherche.
Les cancers pédiatriques sont des maladies rares. Il est largement démontré au niveau international que, pour les maladies rares, la centralisation des soins dans des centres hautement spécialisés améliore les résultats pour le patient ainsi que sa qualité de vie à long terme. La concentration de l’expertise permet des diagnostics plus précis, une meilleure coordination des soins et une application plus cohérente des meilleures pratiques, au bénéfice direct des enfants et de leurs familles.
Au-delà des résultats cliniques, la centralisation renforce également l’expertise médicale et multidisciplinaire, permet une utilisation plus efficiente et durable des ressources, facilite un accès plus large aux essais cliniques et aux thérapies innovantes, et consolide la position de la Belgique au sein des réseaux internationaux de recherche en oncologie pédiatrique.
Alors qu’une orientation vers davantage de centralisation semble désormais engagée, le modèle concret, les modalités de transition, les implications en matière de financement ainsi que le rôle des différents acteurs doivent encore être définis de manière coordonnée et dans des délais adaptés.
Nous reconnaissons pleinement la complexité du paysage des soins de santé en Belgique ainsi que les défis liés à une telle transformation. L’évolution vers un modèle plus centralisé nécessitera une stratégie claire, une gouvernance solide et une large implication des parties prenantes. Cette transition ne peut ni ne doit se faire sans dialogue.
Dans le même temps, comme l’intérêt supérieur du patient doit rester le moteur principal de l’organisation des soins, il est désormais nécessaire d’accélérer les travaux de planification. Dans ce contexte, nous exprimons notre attente d’un engagement politique clair afin d’accélérer la préparation d’un modèle de soins en oncologie pédiatrique plus cohérent, tourné vers l’avenir et davantage centralisé. Cela devrait inclure la mise autour de la table, au niveau fédéral, des autorités régionales concernées, des hôpitaux, des professionnels de santé, des associations de patients et des organismes financeurs, afin de préparer une mise en œuvre coordonnée reposant sur les meilleures expertises disponibles.
La BSPHO est prête à soutenir activement les autorités dans la conception et la mise en œuvre d’un modèle de soins réalisable, largement soutenu et résolument tourné vers l’avenir, afin de garantir les meilleurs résultats possibles pour tous les enfants et adolescents atteints de cancer en Belgique. Ce travail s’inscrit déjà pleinement dans le rôle actuel de la BSPHO en matière de coordination des essais cliniques, de renforcement de la collaboration scientifique et de soutien à une approche plus intégrée de l’oncologie pédiatrique en Belgique.